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biographie

144 - René Berthier - Prêtre _____________________________________

Publié le par Paroisse de la Nativité

René Berthier, prêtre

 

 

Paray-le-Monial, 28 mai 1927 – Autun, 20 mars 2012

Beaucoup d’habitants de Coublanc et des villages voisins ont connu ce prêtre issu d’une souche de chez nous et plusieurs étaient à ses funérailles à Loché. En ce Temps-là évoque rarement les disparitions récentes, mais parmi les enfants de notre village, René Berthier a eu tant de rayonnement qu’il est devenu une figure de proue de l’Église de France du XXe siècle et qu’il mérite que l’on retrace sa carrière. Nous reparlerons plus tard de l’homme privé. C’est au séminaire d’Autun, où il était entré pour faire plaisir aux siens, à son père Rémy Berthier, tailleur, et surtout à sa mère Maria Joly, commerçante en tissus, Coublandis installés à Paray, qu’à 17 ans, dans un moment de prière solitaire, il éprouve l’appel pressant de Dieu et rencontre le Christ Jésus pour ne plus le quitter. Dès le séminaire, il fait preuve d’originalité et d’esprit critique, dans les épreuves orales publiques qui font partie des études. Ses capacités lui font terminer ces études à Rome ; son sens du monde réel le pousse à descendre travailler quelques mois à la mine du côté du Creusot. Il se déplace en moto, ce qui est mal vu, surtout qu’il lui arrive d’emmener derrière lui telle ou telle jeune fille au besoin ! Dès après son ordination en 1951, il est nommé par l’évêque vicaire d’Autun, et en même temps aumônier du lycée public d’Autun, qui était mixte. Il crée de durables amitiés avec ses élèves. Vers 1960, l’Église l’appelle à Paris, dans ses instances nationales ; il devient Directeur Adjoint de l’Enseignement religieux en France. Son supérieur, Michel Saudreau, sera en 1974 le premier évêque du Havre. René publie – coup d’essai, coup de maître – un catéchisme par fiche (Vivre, c’est le Christ), qui se vend si bien que le voilà riche ! Cette richesse (non héritée et relative !) est un atout qui lui permet l’indépendance, mais un inconvénient qui le distingue et l’écarte un peu de ses confrères... Avec Yves Beccaria, de Bayard-Presse, il crée le fameux Pomme d’Api. Il est la cheville ouvrière de deux grands projets de vulgarisation chrétienne de l’époque, Aujourd’hui la Bible, dont la publication par fascicule s’étendra sur plusieurs années à partir de 1969 puis L’Encyclopédie du christianisme, à partir de 1975. Il est nommé ensuite secrétaire général de l’Office Catholique Français du Cinéma, avec mission d’assurer une présence d’Église dans les médias, en étoffant les deux offices existant : cinéma et radio-télévision. Ce qu’il fit en créant plusieurs autres offices (le Livre, la Presse, la Publicité...) et en associant les Centres diocésains de l’Information. L’OCFC deviendra sous sa houlette la FOCS (Fédération des Organismes de Communication Sociale). Il ne se contente pas de coter les films, ni de fréquenter le festival de Cannes, mais il lit Mac Luhan et comprend avant beaucoup d’autres dans l’Église l’importance croissante des médias. Grand animateur, il s’associe plusieurs dames, dont des ex-religieuses de Paray qu’il fait monter de leur Saône-et-Loire à Paris. Il n’a jamais été un grand partisan des monastères et de la vie cloîtrée. Et, pour lui, la meilleure façon de bien vivre le célibat, c’est d’être entouré de présences féminines... Il multiplie à cette époque (les années 70 et 80) les amitiés avec les artistes et les personnages des médias, ce qui lui donne l’idée de créer, avec Olivier Clément, Bernard Clavel, Claude Vigée et André Chouraqui, l’Association des Écrivains Croyants d’Expression Française, qui regroupe des juifs, des chrétiens et des musulmans. Cette association délivre depuis 1979 et aujourd’hui encore un prix annuel à la meilleure œuvre valorisant la spiritualité et le dialogue interreligieux. Ses tâches officielles terminées selon les rythmes imposés par l’Église, il reste à Paris et se met à son compte. Comme il est auteur, le plus simple est de devenir éditeur. Il crée plusieurs maisons d’édition, dont Univers-Media, et il anime la tâche de collaborateurs et collaboratrices (dont Jeanne Faure et la très fidèle Marie-Hélène Sigaut) et de dessinateurs, dont François Bourgeon, qui a commencé sa carrière chez René, en dessinant son premier album, Maître Guillaume, bâtisseur de cathédrale (1978), avant de passer chez Glénat pour ses fameux Passagers du vent. L’équipe soudée autour de René Berthier publie l’Evangile, le vie de saint Paul puis la Bible en bandes dessinées. René en serait-il, avec Dieu, le coauteur des scénarii ? Non, comme souvent, autour de lui, c’est un travail d’équipe. On fait ensemble, avec le dessinateur, le découpage des albums. Marie-Hélène Sigaut écrit En ce Temps-là 2013 Page 32 un premier scénario qui est relu et discuté par le groupe. Puis le dessinateur se met au travail. Après quoi René publie, toujours en bandes dessinées, des dizaines de vies de saints. Cela pourrait paraître un travail mécanique et un bon filon financier, mais il y a derrière l’idée que l’enseignement du christianisme réellement vécu par les saints vaudrait mieux pour la catéchèse que l’étude des prophètes Amos et Osée : à ses yeux, l’Ancien Testament est survalorisé depuis Vatican II. Volontiers, il réduirait le nombre des lectures à la messe, et ne garderait que les passages qui ont une importance et une évidence indiscutables. Aussi a-t-il publié pour le grand public – son obsession – La Bible en dix leçons (1975). Après les vies de saints, l’équipe produit une collection : Chrétiens en... (Champagne, Bourgogne, etc.), sur l’histoire religieuse dans les régions. Sensible à la déchristianisation qui s’accélère, René propose en 1985 Un Plan ORSEC pour l’Église de France, sans convaincre d’assez nombreux évêques, parmi lesquels cependant certains l’écoutent, comme Jean-Charles Thomas (Corse, puis Versailles). Il s’est engagé depuis longtemps et pour de longues années de la plume et de la voix : chroniqueur chrétien du dimanche matin 14 ans sur RTL, puis 13 ans sur Europe 1, il est alors le prêtre le plus écouté de France. Beaucoup de lecteurs d’En ce Temps-là s’en souviennent. Il avait participé à la création en 1968 de la revue Notre Temps. Lorsqu’il voit qu’elle cesse d’être suffisamment chrétienne, il lance Vermeil. Conscient par là du problème du vieillissement, il publie des ouvrages religieux imprimés en gros caractères. Il a comme amis proches le pasteur André Dumas et l’orthodoxe Olivier Clément, mais aussi des juifs, et plus surprenant, beaucoup de francs-maçons, dont il dit à qui veut l’entendre et contre le préjugé catholique que ce sont des gens qui ont une spiritualité non négligeable. Cette réhabilitation de la franc-maçonnerie est un combat qu’il mènera jusqu’au bout. Mais, pour ne pas perdre le contact avec la réalité du terrain, il demande la charge d’une cure pour les Week End, et on lui confie deux villages de Seine-&- Marne successivement, Rampillon et Bombon (où Lénine résida avant 1917). En 1987, à soixante ans, ayant vendu Univers-media à Fleurus, il prend une première retraite, mais c’est pour mieux se relancer. Il s’installe à Loché, près de la gare TGV de Mâcon, pour garder le contact avec Paris, et entre les deux fleuves, dit-il, que sont la Saône (qui symbolise pour lui la pêche à la ligne, son unique loisir sportif) et le vignoble du Mâconnais – il devient alors lui-même producteur de Pouilly-Loché... Il est nommé curé modérateur successivement de deux entités de paroisses nouvelles, autour de Matour, puis autours de Crêches-sur-Saône. Mieux encore, René contribue de ses finances et de son énergie à la création d’une maison d’accueil pour personnes en difficultés psychiques entre Loché et Mâcon : c’est la Chevanière (ouverte en 1994). En 2001, à 74 ans, il prend sa deuxième retraite, quittant la responsabilité de sa paroisse. Il le fait un an avant la limite forcée dans l’Église, afin, dit la légende familiale, de donner l’exemple à l’évêque d’Autun, qui a passé l’âge ; mais en vain... Mais la retraite est un mot malséant à ses oreilles. René cesse peu à peu d’enregistrer des chroniques et de s’occuper d’édition, mais il continue encore d’animer, jusqu’à Dijon, des groupes de réflexion, notamment avec des entrepreneurs chrétiens, et d’organiser et guider des voyages culturels et religieux pour les lecteurs de Vermeil. Il travaille encore à la publication annuelle d’un Agenda et d’un Semainier chrétien. Des ennuis de santé lui font chercher des successeurs : pour le Semainier, Geneviève Le Hir, sa nièce de Coublanc, lui succède durant quatre ans (2006-2009) avant qu’il soit capable de reprendre le collier. Pour l’Agenda, il est, jusqu’à aujourd’hui encore, confié au jeune Régis Déal, professeur de français issu de Coublanc, notre rédacteur de la chronique des vitraux de l’église paroissiale. René Berthier a passé ses dernières années dans une résidence pour personnes âgées à Dijon, espérant encore communiquer Dieu à ses voisins de résidence, animant encore un groupe de réflexion, travaillant inlassablement au Semainier. Car la réflexion, reposant sur des lectures immenses et incessantes de livres religieux de toutes spécialités, est restée jusqu’au bout un de ses deux soucis. L’autre, l’essentiel peut-être, était l’obsession de la communication de la foi. Le langage de bois et le ronronnement de la liturgie, l’inactualité voire l’indécence, à ses yeux, de certaines prières, les écrans que l’Église multiplie ou tolère entre le message évangélique et le monde réel lui étaient insupportables. Il voulait initier, et en partie réaliser, la traduction nécessaire de la foi non pas de façon simpliste, mais d’une manière audible pour les francophones d’aujourd’hui, il voulait prendre conscience, faire prendre conscience de ce qui ne va pas, de ce qui est contre-productif dans l’Église, de ce qui empêche les gens de croire. D’où un de ses derniers titres : Un audit personnel sur l’Église catholique en France (2005). Bref, il avait tout ce qu’il faut d’indépendance et d’excès de personnalité pour ne jamais être appelé à l’épiscopat, et tout ce qu’il faut d’audace pour déplaire aux traditionalistes ; cependant, quelqu’un de lucide comme le cardinal de Lyon Philippe Barbarin avait actuellement avec lui un projet en chantier pour accompagner les parents qui ont demandé le baptême pour leur enfant, et René s’était rapproché du nouvel évêque d’Autun, Mgr Benoît Rivière.

Bernard Berthier
Extrait de "En ce Temps là. "

 

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132 - Reine Antier 1801 - 1883 _____________________________

Publié le par Paroisse de la Nativité

Cinquième enfant de la famille Antier, Reine voit le jour le 19 Novembre 1801 alors que son papa est décédé depuis quelques semaines. Elle est baptisée à Lausonne (Haute Loire) Bien entourée par son frère et ses sœurs, aimée et respectée par sa mère comme un don du ciel après son veuvage, Reine grandit dans une famille très unie et profondément chrétienne.

Elle s'épanouit en découvrant ce qu'est aimer et être aimé, malgré l'absence du père et les difficultés qui en résultent… Avec toute sa famille, elle vient habiter à Varenne, chez un oncle « prêtre réfractaire ». Là, à l'école de cet homme de foi et de grande humanité, Reine apprend à respecter infiniment toute vie. Elle apprend à aimer chaque personne pourqu' elle se reconnaisse aimée de Dieu lui-même.

À l'adolescence, Reine choisit de se consacrer au Seigneur… Un essai au monastère des Ursulines de St-Chamond lui permet de reconnaître que là n'est pas sa voie !... Dès son plus jeune âge, deux passions l'habitent : - Partager avec les enfants du village ce qu'elle a et ce qu'elle apprend. - Visiter et aider les personnes pauvres et âgées des environs.

Son éducation terminée, comme elle voulait consacrer sa vie à l’enseignement, elle entre à la Société des Dames de l'instruction du Puy en Velay et, à dix-huit ans, reçoit l’habit de cet Institut avec le nom de sœur Augustine.

Encore novice, ses supérieures lui confièrent la direction d’une classe dans une école du quartier, ouverte aux filles. Les quelque deux ans qu’elle passa dans cet emploi la firent apprécier de ses supérieures. C’est alors qu’elle reçut avec simplicité et dans le plus confiant abandon, son obédience pour St-Didier-la-Séauve, pittoresque paroisse située aux confins du diocèse. Elle y restera 20 ans.

En 1846, pour répondre à une instante sollicitation venant du diocèse d’Autun, la supérieure du Puy l’envoie avec cinq compagnes prendre la direction de l’école des filles, à Chauffailles.

Sœur Augustine se fait apprécier à Chauffailles par sa sagesse, la clairvoyance de son jugement, sa grande bonté, non moins que par sa riche expérience dans l’enseignement. Plusieurs jeunes filles viennent s’offrir pour faire partie de la Société. Un noviciat est donc ouvert près de l’école. Douze ans plus tard, la Maison de Chauffailles possédait un florissant noviciat et avait déjà fondé soixante-dix établissements répartis en cinq diocèses.

Le 14 septembre 1859, Mgr Bouange publia solennellement le décret d’érection de la communauté des Sœurs de l’Enfant-Jésus-de-Chauffailles. La communauté naissante comptait 14 novices et 78 religieuses professes ayant sœur Augustine comme chef de file.

En 1877, à la demande de Mgr Petitjean, Mère Augustine eut la joie d’envoyer le premier contingent de ses sœurs au Japon.

En 1881 : Des jeunes japonaises demandent à partager la vie des sœurs.

Dans sa vie, comme dans ses écrits, sa direction à base de foi est toute centrée sur l'amour... « Peut-on croire que Dieu nous aime et ne pas se consumer d'amour pour lui ? » « Ouvrons les fenêtres de notre âme, exposons-la au grand Soleil de l'Amour. Loin de nous une religion qui glace et resserre le cœur… Rappelons-nous que nous sommes enfants de Dieu et vivons dans la joie et dans une vraie liberté. » « jeter le passé dans la miséricorde de Dieu, le présent à l'amour, et abandonner l'avenir à la Providence… » «Que rien ne vous trouble, ne vous ôte le calme et la paix de l'âme.» « Aimez-vous beaucoup, encouragez-vous au bien les unes les autres… »

" Voyez comme on est heureux au

service de Dieu " (Reine Antier)

On pouvait rencontrer S. Augustine dans les travaux de la vie ordinaire : cuisine, ménage, lessive, etc « Cela ne fait pas de mal ! Les mains calleuses et les plus noircies seront les plus belles en paradis, » disait-elle en riant... Elle attachait beaucoup d'importance aux détails de la vie : « Vous avez de grands désirs de sainteté et vous rêvez de beaux actes de vertus, mais où les cherchez-vous ? Cueillez à votre portée les petites fleurs de l'humilité et du renoncement… avec un grand amour pour Jésus, uniquement pour lui plaire… » « Je n'ai pas grande estime pour celles qui se vantent à tout propos de franchir la mer et… qui se noient dans un verre d'eau ! Soyons modestes, nous sommes si petites… » « Allez au cœur de Jésus. Il vous dira: je suis né pauvre, j'ai vécu pauvre et je suis mort pauvre. Voilà Celui que nous suivons… »

Reine Antier mourut le 28 octobre 1883 âgée de 82 ans,

après avoir travaillé à l’ouverture de 127 établissements. La congrégation comptait 356 religieuses professes, 16 novices, 7 postulantes et 111 établissements.

Sources Congrégation des Sœurs de l'Enfant-Jésus de Chauffailles de Rivière-du-Loup (Québec.)

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